Bulletin de décembre 2015

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Bethléem ... Egypte ... j’ai été un migrant

Décembre : mois pendant lequel les magasins et les rues de nos cités sont décorés et illuminés annonçant la belle et grande fête de Noël. Pour les croyants, c’est le mois pendant lequel ils se préparent à célébrer la naissance d’un Enfant, Jésus, le Sauveur, Prince de la Paix.

Obligés de se faire recenser, Marie et Joseph ont dû quitter leur pays pour se rendre à Jérusalem et c’est au cours de ce voyage que Marie mit au monde son Enfant, dans une petite cité, appelée Bethléem.

Quelque temps après sa naissance, sa vie étant menacée, il dut fuir très rapidement en Egypte avec ses parents.

Ainsi la famille de Jésus a connu l’exode comme de nombreuses familles subissent de nos jours le même sort. Ces réfugiés et migrants quittent leur pays : certains parce qu’ils veulent fuir un régime qui les opprime, d’autres parce qu’ils sont persécutés à cause de leur foi.

Ce bulletin veut nous partager le témoignage de migrants venus dans notre secteur pour vivre plus librement et y travailler, et le témoignage d’une famille qui a accepté d’accueillir un migrant.

Il nous donne quelques extraits du message du pape François à l’occasion de la 102ème Journée mondiale du migrant et du réfugié le 17 janvier 2016 : journée pour laquelle le Pape a choisi comme thème de réflexion et de prière : « Migrants et réfugiés nous interpellent. La réponse de l’Evangile de la miséricorde »

Que cette fête de Noël nous fasse plus accueillants aux familles réfugiées dans notre pays. « J’étais étranger et vous m’avez accueilli chez vous » (Matthieu 25,35). Bonnes fêtes de Noël vécues dans la paix et le partage.

Abbé Louis-Marie ROY - Chantonnay

Le 17 janvier 2016, l’Eglise universelle célèbre la 102ème journée mondiale du migrant et du réfugié pour laquelle le pape François a choisi comme thème de réflexion et de prière : « Migrants et réfugiés nous interpellent. La réponse de l’Evangile de la Miséricorde ».
Cette journée s’inscrit dans l’Année sainte de la miséricorde proclamée par le Pape François au cours de laquelle chaque chrétien est invité à se laisser embrasser par la miséricorde de Dieu en se montrant avec les autres aussi miséricordieux que le Père l’est avec lui.

Au cours de cette Année, nous pouvons faire l’expérience d’ouvrir notre cœur à ceux qui vivent aux périphéries de notre monde, de soigner leurs blessures, de les soulager avec l’huile de la consolation, de les panser avec celle de la miséricorde, de les entourer de notre solidarité et de notre attention. La journée mondiale du migrant et du réfugié est pour cela une occasion privilégiée.

Un témoignage …

Bonjour, je m’appelle Claudia, j’ai 38 ans et je suis d’origine roumaine. En 2000, je suis venue rejoindre mon mari en France, accompagnée de nos deux filles Denisa (12 ans) et Bianca (8 ans). Mon mari, venu en France deux ans plus tôt, a trouvé du travail en CDI. La benjamine de la famille, Nathalia, est née en France 2011.
Avant de venir ici je pensais qu’en allant dans un autre pays, nous pourrions trouver ce que nous n’avions jamais eu (surtout de l’argent pour offrir à nos enfants une vie meilleure.) Même si chez nous mon mari et moi avions chacun un travail, nous avons pensé pouvoir trouver mieux ailleurs.

Arrivant en France (ne connaissant pas la langue française, seulement quelques mots), nous avons été confrontés à la langue, la culture, les habitudes toutes différentes des nôtres.

Notre nouvelle vie s’annonçait plus compliquée que notre rêve et nous avons vu combien c’est difficile de recommencer à zéro.

L’accueil chaleureux et l’aide de la part des Français ont facilité notre intégration. Ce pays nous a acceptés : la preuve est que nous avons acquis la nationalité française. J’ai réfléchi à notre parcours, et mon avis est, que nous trouvons partout des situations avec des difficultés, quelle que soit notre origine.

CLAUDIA

Accueil d’un jeune migrant

Nous avons été sollicités pour accueillir un jeune albanais qui a trouvé un emploi dans notre région. Accueillir de jeunes étrangers nous apporte beaucoup et ces échanges nous ouvrent à d’autres cultures. Il ne faut pas craindre la différence car elle est source d’enrichissement et de bonheur. Un bouquet est plus joli s’il est multicolore.

Nos différents engagements dans l’Eglise ou dans la société nous ont apporté cette ouverture. Il est évident que cette sensibilité à l’accueil des migrants continue au travers de nos activités associatives.

Quand ils viennent à la maison, nos enfants sont heureux de partager avec eux et nous encouragent à continuer d’accueillir.

Voici ce que notre fille, Delphine (23 ans étudiante) écrit à ce sujet : « Pour moi cet accueil me paraît logique et nécessaire s’il est possible (si la personne a les moyens, la place d’accueillir). Maintenant j’ai bien conscience que nous sommes TOUS concernés par cela et que nous pouvons tous agir à notre échelle. L’accueil de personnes immigrées fait encore plus prendre conscience des difficultés qu’elles ont rencontrées et rencontrent encore. Je suis déjà sensibilisée à cela avec ma formation. Rencontrer ce jeune albanais m’a fait prendre conscience que j’ignorais encore beaucoup d’injustices (dans son pays, ils n’ont pas le droit d’aller dans n’importe quel autre pays pour voyager) ainsi que des enjeux de la migration (les motifs de l’immigration pour SA famille, les problèmes de SON pays...) ».

BERNADETTE et CLAUDE

Quelques extraits du message du pape François pour la 102ème Journée mondiale du migrant et du réfugié :

« Les migrants sont nos frères et sœurs qui cherchent une vie meilleure loin de la pauvreté, de la faim, de l’exploitation et de la répartition injuste des ressources de la planète qui devraient être divisées équitablement entre tous. N’est-ce pas le désir de chacun d’améliorer ses conditions de vie et d’obtenir un bien-être honnête et légitime, à partager avec les êtres qui lui sont chers ?...

L’Eglise est aux côtés de tous ceux qui s’emploient à défendre le droit de chacun à vivre avec dignité, avant tout en exerçant leur droit à ne pas émigrer pour contribuer au développement du pays d’origine. Ce processus devrait inclure, à un premier niveau, la nécessité d’aider les pays d’où partent migrants et réfugiés ..

Chers frères et sœurs migrants et réfugiés ! A la racine de l’Evangile de la miséricorde, la rencontre et l’accueil de l’autre se relient à la rencontre et à l’accueil de Dieu : accueillir l’autre, c’est accueillir Dieu en personne ! Ne vous laissez pas voler l’espérance et la joie de vivre qui jaillissent de l’expérience de la miséricorde de Dieu, qui se manifeste dans les personnes que vous rencontrez au long de vos chemins ! Je vous confie à la Vierge Marie, Mère des migrants et des réfugiés et à saint Joseph qui ont vécu l’amertume de l’émigration en Egypte. Je confie aussi à leur intercession ceux qui consacrent leurs énergies, leur temps et leurs ressources à la pastorale et à l’aide sociale des migrations. »

Quelques précisions de vocabulaire

Qu’est-ce qu’un migrant ?

C’est une personne qui effectue un déplacement d’un pays vers un autre. Il peut être contraint de quitter ce lieu parce qu’il a peur, souffre de la faim ou recherche sécurité et tranquillité pour sa famille.

Qu’est-ce qu’un réfugié ?

Un réfugié est une personne craignant d’être persécutée dans son pays pour sa race, sa religion, sa nationalité, son appartenance à un groupe social ou ses opinions politiques. Il est obligé de fuir vers un autre pays plus sûr.

Qu’est-ce qu’un demandeur d’asile ?

Un demandeur d’asile est une personne qui arrive dans un pays et lui demande protection.

Qu’est-ce qu’un sans-papiers ?

Un sans-papiers est un étranger qui séjourne dans un pays de façon irrégulière sans visa, sans titre de séjour.

Exode

(Abbé Thierry PIET, prêtre au Boupère)

La guerre roule derrière nous
son feu, son fer,
l’enfer nous poursuit jour et nuit
sans répit jusqu’à la mer.
 
La mer ah la mer ! nous la rêvions,
port ouvert sur la liberté.
 
Nous sommes un peuple
sans tanière
Sans gîte et sans couvert ;
Pas de refuge pour qui fuit.
 
Nous, pliant le dos
sous nos sacs de toile
Et les étoiles,
Nous, les mains
serrant une poignée de terre
Pour seul souvenir à emporter.
 
La nuit la lune est notre lampe,
Le jour le soleil nous cuit.
 
Nous n’avons que nos lambeaux
de peau
Pour nous couvrir les os,
Peau huilée de l’exil,
Peau iodée de l’exode.
 
Et devant nous, la mer
Ah la mer !
Comme un tapis de prière,
Dernier ourlet du continent
Auquel résignés
nous tournons le dos.
 
Le sable est rouge et chaud,
Le sable est beau.
 
Nous secouons la poussière,
Les fourmis de nos sandales,
Les scorpions de nos talons,
Avant de prendre
Le cargo, le bateau, le radeau.
 
La mer ah la mer ! Notre seul espoir,
Notre cimetière peut-être.
Nous sommes un peuple tassé
au fond de la cale ;
Hommes femmes enfants
Jeunes et vieux
Apatrides, sans drapeau,
Sans couleur de peau
Dans la nuit qui nous fait gris.
 
Les yeux sans paupières
Et le regard blanc,
Un enfant meurt de faim
Au sein de sa mère.
 
Et c’est la colère à voix basse,
Colère à la merci de la mer.
 
Et nous voici meurtris,
Fruits mâchés pour pourrir
Au vent salé.
 
Et nous voici livrés
A la gueule de l’inconnu,
Happés par la langue des sirènes.
 
Dieu, que fait-il ?
Où est-il dans notre exil ?
Dieu, qui est parole
Que dit-il dans notre exode ?
 
« Fais-nous revenir !
Que ton visage s’éclaire
Et nous serons sauvés ! »
 
Mais la nuit verse son encre
Et rien ne s’écrit.
 
La mer est pavée de bons horizons,
Mais les flots nous arrosent
D’amertume et de poison.
 
Mais la mer ah la mer !
Devient rouge
De sang et de honte.
 
S’en remettre à demain
S’il nous donne la main,
Si l’espoir allume un phare
Aux horizons lointains.

Extrait de l’Angélus du Pape François du 15 novembre 2015

… Je suis proche en particulier des familles de ceux qui ont perdu la vie et des blessés. Une telle barbarie nous laisse sans mots et nous nous demandons comment le cœur de l’homme peut concevoir et réaliser ces horribles évènements qui ont bouleversé non seulement la France, mais le monde entier. Face à des actes aussi intolérables, on ne peut que condamner cet affront inqualifiable à la dignité de la personne humaine. Je tiens à réaffirmer avec force que le chemin de la violence et de la haine ne pourra jamais résoudre les problèmes de l’humanité ! Et utiliser le nom de Dieu pour justifier ce chemin est un blasphème(…) Confions à la miséricorde de Dieu les victimes sans défense de cette tragédie.

Paroisse St Pierre des Deux Lays

Covoiturage Sigournais-St Mars
pour participer à la messe du dimanche. Pourquoi pas ? Nos voitures sont à moitié pleines le dimanche matin. Avez-vous besoin d’une ou plusieurs places ? Faites-vous connaître, manifestez-vous, prenez contact avec vos voisins qui pourront vous rendre ce service avec plaisir :

Hubert Grimaud : 02 51 40 41 29 – Michel Grimaud : 02 51 40 40 67 –
Eddy Eden : 09 61 30 01 86 – Claude Goineau 06 25 42 12 93 –
Geneviève Paillereau 02 50 46 91 21

(Equipe CCdP de St Mars-Sigournais)

sépultures célébrées sur la paroisse :

Baptêmes célébrés sur la paroisse :