6 décembre 2015, 2ème dimanche de l’Avent

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N°64. (Par ailleurs,) même si cette Encyclique s’ouvre au dialogue avec tous pour chercher ensemble des chemins de libération, je veux montrer dès le départ comment les convictions de la foi offrent aux chrétiens, et aussi à d’autres croyants, de grandes motivations pour la protection de la nature et des frères et sœurs les plus fragiles. Si le seul fait d’être humain pousse les personnes à prendre soin de l’environnement dont elles font partie, « les chrétiens, notamment, savent que leurs devoirs à l’intérieur de la création et leurs devoirs à l’égard de la nature et du Créateur font partie intégrante de leur foi ». Donc, c’est un bien pour l’humanité et pour le monde que nous, les croyants, nous reconnaissions mieux les engagements écologiques qui jaillissent de nos convictions.

Il y a peut-être un coté un peu fastidieux derrière cette entrée en matière dans l’Évangile d’aujourd’hui, cette énumération d’empereurs, de gouverneurs, des princes de l’époque. Mais si Luc veut commencer par là, c’est que pour lui, c’est important.
Il veut nous signifier que l’événement Jésus – qui a été préparé par Jean-Baptiste – sa naissance à Noël, est un événement qui concerne tout le monde. Toute la terre est concernée.

Le pape François, en écrivant son encyclique, Laudato Si’ a la même intention.
Et nous le comprenons bien ! Que ce soit le défi climatique, ou la protection de la nature, ou l’attention aux populations les plus fragiles, ce sont des défis qui concernent, non seulement les croyants, mais tous les hommes. Cela ne peut être qu’ensemble que les chemins seront trouvés… La sauvegarde de notre maison commune appelle la mobilisation de tous et de chacun.

Et n’est ce pas, au bout du compte, la parole que Dieu adresse à toute notre humanité, l’appel à porter attention à notre sœur la terre, à nos frères et sœurs les hommes, ceux d’aujourd’hui, ceux de demain ?

D’ailleurs, au moment de sa parution, le texte a été bien accueilli ; il a été salué par bon nombre de personnes, qui ne se réfèrent pas toutes à la foi chrétienne mais pour qui l’écologie est une préoccupation. Pour exemple, on peut simplement citer Nicolas Hulot chargé, par le président de la République de préparer la COP 21, et qui a dit, tout à la fois, que l’encyclique est un « texte fondateur », « une feuille de route que les hommes politiques devront ensuite mettre en musique » ou encore que c’est un « outil précieux pour soutenir les mobilisations internationales en cours ».

En ces moments où des prises de conscience se font, où des pas sont en train de se faire – espérons-le du moins avec la conférence actuelle à Paris ?! – le pape veut nous mobiliser, nous aussi, les communautés chrétiennes. L’engagement écologique, pour nous, doit jaillir de nos convictions de foi.

Nous pouvons parcourir ce n°64 qui nous dit, à nous chrétiens, où s’enracine notre engagement écologique.

Pour ceux et celles qui veulent aller voir plus en détail les interpellations que le pape François fait aux croyants, il y a de nombreux autres n° et, entre autres, les n°216 et 217.

Je cite d’abord l’intention que le pape exprime : « Je veux proposer aux chrétiens quelques lignes d’une spiritualité écologique qui trouvent leur origine dans des convictions de notre foi, car ce que nous enseigne l’Evangile a des conséquences sur notre façon de penser, de sentir et de vivre ».

Et cette interpellation un peu plus vive, qu’il nous faut aussi recevoir : « Nous devons reconnaître que certains chrétiens, engagés et qui prient, ont l’habitude de se moquer des préoccupations pour l’environnement, avec l’excuse du réalisme et du pragmatisme. D’autres sont passifs, ils ne se décident pas à changer leurs habitudes et ils deviennent incohérents. Ils ont donc besoin d’une conversion écologique qui implique de laisser jaillir toutes les conséquences de leur rencontre avec J-C sur les relations avec le monde qui les entoure ».

Le pape appelle donc les chrétiens que nous sommes à une conversion écologique, c’est à dire qu’il nous faut reconsidérer nos manières de vivre, de consommer, d’habiter la terre… en raison même de notre relation au Christ. Celui qui est venu habiter notre terre à Noël nous appelle à une attention renouvelée pour la terre, notre maison commune.