20 décembre 2015, 4ème dimanche de l’Avent

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[bleu marine]N°236. Dans l’Eucharistie, la création trouve sa plus grande élévation. La grâce, qui tend à se manifester d’une manière sensible, atteint une expression extraordinaire quand Dieu fait homme, se fait nourriture pour sa créature. Le Seigneur, au sommet du mystère de l’Incarnation, a voulu rejoindre notre intimité à travers un fragment de matière. Non d’en haut, mais de l’intérieur, pour que nous puissions le rencontrer dans notre propre monde. Dans l’Eucharistie la plénitude est déjà réalisée ; c’est le centre vital de l’univers, le foyer débordant d’amour et de vie inépuisables. Uni au Fils incarné, présent dans l’Eucharistie, tout le cosmos rend grâce à Dieu. En effet, l’Eucharistie est en soi un acte d’amour cosmique : « Oui, cosmique ! Car, même lorsqu’elle est célébrée sur un petit autel d’une église de campagne, l’Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde ». L’Eucharistie unit le ciel et la terre, elle embrasse et pénètre toute la création. Le monde qui est issu des mains de Dieu, retourne à lui dans une joyeuse et pleine adoration : dans le Pain eucharistique, « la création est tendue vers la divinisation, vers les saintes noces, vers l’unification avec le Créateur lui-même ». C’est pourquoi, l’Eucharistie est aussi source de lumière et de motivation pour nos préoccupations concernant l’environnement, et elle nous invite à être gardiens de toute la création.[/bleu marine]

A l’approche de la fête de Noël, en ce temps où l’attente se fait plus vive, nous pouvons réfléchir à ce que nous nous apprêtons à fêter, le mystère de l’incarnation, Dieu qui se fait homme et qui rejoint notre humanité.

Oui, Dieu nous a rejoint par cet enfant, né de Marie, en la nuit de Noël. Ce que la lettre aux Hébreux que nous venons d’entendre traduit en mettant ces paroles dans la bouche de Jésus : « Dieu, tu n’as voulu ni sacrifice, ni offrande, mais tu m’as formé un corps… Alors j’ai dit : Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté ».

Mais, ce mystère de l’incarnation, nous le touchons, il se fait très concret, palpable, sensible, en chacune de nos eucharisties ; n’est ce pas le Corps du Christ qui nous rejoint ainsi, par la messe célébrée ?

En son temps (début du 20° siècle), le catéchisme du diocèse disait : « il faut regarder l’autel comme la crèche », ce qui se vit en chacune de nos eucharisties comme ce qui est fêté à Noël, et il poursuivait : « A la messe de minuit, il faut considérer J-C, né dans une étable et placé dans une crèche. Au moment de la consécration, son corps adorable est rendu présent sur l’autel ».

Un même mystère donc, que la fête de Noël et ce qui est célébré dans chacune de nos eucharisties : Dieu qui rejoint notre humanité, par Noël, et par le corps de son Fils Jésus, livré pour nous et rendu présent par l’eucharistie.

Je cite le n° 236 que vous avez sur vos feuilles : [bleu marine]« Le Seigneur, au sommet du mystère de l’incarnation, a voulu rejoindre notre intimité à travers un fragment de matière. Non d’en haut, mais de l’intérieur, pour que nous puissions le rencontrer dans notre propre monde ».[/bleu marine]

Ce N°236 fait partie de la conclusion de l’encyclique, des derniers numéros qui sont en quelque sorte le sommet de la réflexion du pape, une sorte de récapitulation, là où le sens d’un engagement pour l’environnement, pour nous croyants, prend tout son sens… et, si j’ose dire, sa nourriture pour avoir les forces pour cet engagement.

A chacune de nos eucharisties, nous proclamons que Dieu est à l’origine de toutes choses, il est le Créateur du monde ; nous disons que la Création va vers son accomplissement, que le salut concerne non seulement les hommes que nous sommes mais l’ensemble de la Création… Et, c’est la conclusion du n°, nous reconnaissons que : [bleu marine]« l’eucharistie est donc aussi source de lumière et de motivation pour nos préoccupations concernant l’environnement, et elle nous invite à être gardiens de toute la création »[/bleu marine].

Ce n° que vous avez aujourd’hui n’est peut-être pas le plus facile de ceux que nous avons parcouru durant ce temps de l’Avent. Il nous tourne vers l’essentiel… Ce mystère que nous nous apprêtons à fêter à Noël, ce mystère que nous célébrons en chacune de nos eucharisties, ce mystère qui nous fait acteurs, aujourd’hui, pour œuvrer, ensemble, à la préservation de notre maison commune.